Créalyse

 

 

Théories de l'information et de la communication

 

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OBJECTIFS

 

 

 

 

 

 

PLAN DE COURS

  1. ÉLÉMENTS DE COMMUNICOLOGIE GÉNÉRALE :
    LE MODÈLE DE LA THÉORIE DES
    COMMUNICATIONS DE SHANNON ET
    WEAVER (1947) : VOCABULAIRE DE BASE

  2. ÉLÉMENTS DE COMMUNICOLOGIE GÉNÉRALE:
    LA MULTICANALITE

 

 

 

 

 

 

CONTENU DE COURS

1 - ÉLÉMENTS DE COMMUNICOLOGIE GÉNÉRALE :
LE MODÈLE DE LA THÉORIE DES
COMMUNICATIONS DE SHANNON ET
WEAVER (1947) : VOCABULAIRE DE BASE


En 1948, dans un ouvrage devenu classique, intitulé "Théorie mathématique des communications" et regroupant deux articles parus l'année précédente, SHANNON et WEAVER exposaient un schéma très souvent cité, bien que mal connu, applicable à tout système de communication.

Appliquons le (comme Shannon qui était ingénieur de la Bell Company) à une communication téléphonique entre deux personnes.

- la source d'information est la personne qui produit le message

- le message correspond aux paroles porteuses de l'information à transmettre

- l'émetteur téléphonique transforme le message sonore et le transforme en signal électrique apte à être transmis par le canal choisi (la ligne téléphonique).
Cette opération s'appelle codage
- le canal est le support physique utilisé pour transmettre le signal de l'émetteur au récepteur.

- le signal est la forme codée du message capable d'emprunter le canal.


- le récepteur et le destinataire sont des opérateurs fonctionnellement symétriques de l'émetteur et de la source : le récepteur capte et décode le signal, restituant ainsi le message dans sa forme sonore utilisable par le destinataire.

- du bruit peut s'introduire dans la communication : on appelle ainsi tout phénomène parasitaire qui modifie le signal.

Appliquons maintenant ce schéma à une situation de communication verbale directe entre deux personnes.

- la source c'est le "cerveau" ou l'appareil psychique" de la première personne.

- le message correspond à l'information à transmettre. Au niveau de la source il se présente comme une pensée "pré-verbale" faite de représentations hétérogénes, plurisensorielles (visuelles, auditives, voire olfactives, tactiles, kinesthésiques...)

-l'émetteur est le dispositif qui permet le codage du message. Il implique :
a) - une compétence linguistique (structures cognitives-connaissance du code) nécessaire à l'élaboration parolière et
b) - un appareil phonatoire permettant sa réalisation concrète.

- le code : système (ici la langue cf.3-2) formé d'un répertoire (lexique) et de règles (syntaxe) permettant les opérations de codage et de décodage.

- le canal : les vibrations aériennes (dans le cas d'une communication verbale).

- le signal est la forme codée du message en "paroles"' = l' énoncé verbal

- le récepteur et le destinataire sont les opérateurs fonctionnellement symétriques de l'émetteur et de la source : le récepteur (oreille interne) capte et décode le signal énoncé permettant ainsi la restitution du message du destinataire (cerveau, appareil cognitif).
+++ Remarques :

- L'énoncé" n'est pas le "message" (bien que les deux soient souvent confondus). L'énoncé n'est que le véhicule formel (sonore, visuel, écrit,...) du message.

- Le message (message 1) conçu par la source est rarement absolument identique au message reçu (restitué) par le récepteur (message 2).
- Au modèle de la communication, Shannon associe une théorie de l'information". L'information y est définie en termes de probabilité : plus un événement est probable, moins il est informatif, plus il est inattendu plus il est informatif. Cette perspective permet un développement mathématique et offre une possibilité de mesurer l'information.

 


 

2 - ÉLÉMENTS DE COMMUNICOLOGIE GÉNÉRALE:
LA MULTICANALITE


Le modèle de SHANNON est monocanal, or les communications interpersonnelles quotidiennes sont en général multicanales : les interlocuteurs s'entendent mais simultanément peuvent aussi se voir, se toucher , se sentir, ou s'efforcent de ne pas le faire, ou de le faire selon des règles....
On peut ainsi distinguer :

1 - le canal acoustique : "de bouche à oreille".
Par lui passent deux catégories d'informations étroitement liées et complémentaires, mais de nature différente :

· les informations "linguistiques" véhiculées par les paroles. Ces dernières obéissent aux contraintes du code linguistique avec ses règles morpho-syntaxiques (phonologiques, syntaxiques, lexicales) et s'ordonnent en une suite d'énoncés verbaux formant le "discours" (ou "texte").

· les informations "phonétiques" ou "paralinguistiques" liées aux qualités et aux variations vocales (intensité, hauteur,intonation, accent, timbre, tempo...)

Parfois ces deux modes sont qualifiés "auditif" ou "verbal" pour le premier, "acoustique" ou "vocal" pour le second, on parlera couramment ainsi de "verbalité" versus "vocalité".
Il faut aussi signaler pour mémoire une troisième catégorie acoustique : les bruits corporels (toux, claquement de langue, rires, soupirs, etc...).

2 - Le canal visuel : "de corps à oeil".

Par le canal visuel passent des informations de plusieurs natures :

1. des informations contextuelles, qui sont fournies par les marques et les marqueurs corporels et vestimentaires : âge, sexe, état de santé, ethnie, signes d'appartenance catégorielle (uniformes, insignes,

2. les informations contextuelles qui peuvent être :

* liées à des phénomènes lents ou semi permanents : proxémiques : disposition relative, postures, positions et distances interindividuelles des interactants

* ou rapides : "kinésiques" essentiellement= mimiques (faciales) et gestualité corporelle (particulièrement les mouvements de la main). Le regard fait partie de ces éléments kinésiques.

3 - Canaux habituellement auxiliaires : "de corps à corps"

1. tactile : le toucher (contact, coup, caresse) ne joue normalement qu'un rôle accessoire dans les interactions sociales de type conversationnel. Absent dans les cultures Nordiques et Extrême Orientales, plus banal dans les cultures Méditerranéennes (fonction phatique). A noter cependant son importance prépondérante lors des interactions sexuelles, ce qui explique à la fois sa connotation érotique dans certaines cultures, et corollairement son inhibition et sa prohibition, et en tous cas sa formalisation rituelle (poignée de mains, baisers, accolades).

2. thermique : la chaleur du corps d'autrui n'est perçue qu'à distance intime et en tant que phénomène d'évolution lente, elle se situe plutôt dans les paramètres contextuels.

3. chimique : les "phéromones"

4. olfactif : les odeurs naturelles du corps sont dans de nombreuses cultures occidentales réprimées et évitées. Dans les mêmes cultures cependant les parfums et déodorants sont largement commercialisés et appréciés comme marqueurs sociaux et catégoriels, ils participent à ce titre aux informations contextuelles.

A noter que l'habituation olfactive est généralement rapide : une odeur est sentie pendant quelques secondes puis n'est plus perçue, ce qui souligne bien son statut contextuel

5. gustatif : la saveur d'autrui n'intervient guère que dans les rapports amoureux, mais pourrait aussi jouer un rôle dans les inducteurs de comportement maternel.